lundi 6 août 2018

[ Chronique ] • Sans jamais te retourner • Tony Perraut



Titre : Sans jamais te retourner
Auteur : Tony Perraut
Edition : Autoédité
Nombre de pages : 52
Genre : Nouvelle


Résumé

Sans jamais te retourner, tu vas vivre cette journée. Tu vas tout donner, tout penser, tout imaginer. C est dans cette forêt que tu vas comprendre la solitude, C est dans ce bus que tu vas ouvrir ton ressenti, mais tu connais l'issue de cette journée, tu sais que demain tu ne verras pas le soleil se lever. Alors fonce gamin, va mourir.


Mon avis :

Pas entièrement conquise de la précédente nouvelle que j'ai lu de l'auteur (ma chronique ici), je le suis encore moins de celle-ci. J'ai voulu faire la curieuse et aller voir un peu les avis et les notes des autres lecteurs, et en fait, les gens ont adoré ... Moi absolument pas ! 

Ici, l'auteur aborde la dernière journée d'une personne qui veut se suicider, et l'importance qu'il accorde à son dernier réveil, dernier petit-déjeuner, dernière tenue, etc. .. Moi qui suis plutôt dans l'empathie, ce texte n'a absolument rien dégagé en moi. Ni peur, ni tristesse, aucune émotion. La chute finale ne m'a absolument pas scotchée ni faite vibrer. 

Tony utilise la 1 ère puis 2 ème personne du singulier, donnant à l'histoire, une impression de dédoublement de personnalité, ou bien que le protagoniste se parle à lui même. Je pense que j'ai tellement lu de thriller psychologique qu'il en faut vraiment pour m'atteindre. Il est dur de passer derrière " Purgatoire des Innocents" de Karine Giebel (ma chronique ici), qui reste LE thriller psychologique par excellence tant il m'a vidé. C'est pour moi, LA RÉFÉRENCE dans ce domaine.

Assez déçue par cette lecture, et surtout tout le bruit qu'il peut y avoir derrière ce jeune auteur. Je m'attendais vraiment à la nouvelle génération du thriller psy et j'avoue n'être pas du tout conquise. J'attends donc de lire un roman entier de l'auteur pour terminer de me faire un avis. En effet, cela reste tout de même compliqué de s'en faire un sur une cinquantaine de pages ..



Ma note : 10/20




jeudi 2 août 2018

[ Chronique ] • Promets-moi d'être heureux • Célestin Robaglia ♥♥♥


Titre : Promets-moi d'être heureux
Auteur : Célestin Robaglia
Nombre de pages : 293
Éditeur : Solar Editions
Genre : Contemporain, Développement personnel


" Il y a des rendez-vous auxquels on aimerait ne jamais arriver."

Résumé :

Désabusé par la vie, Gabriel a renoncé à ses rêves de changer le monde. À 27 ans, il est enlisé dans sa routine parisienne et partage son quotidien avec son cousin Noé, un rêveur asocial. La vie de Gabriel bascule lorsqu'il se retrouve sans préavis tuteur d'Aziliz, sa nièce de dix ans. Avec une sagesse déconcertante, Aziliz remet en cause le simulacre de vie qu'il mène avec Noé et le pousse à écouter ses désirs enfouis. Gabriel se rappelle alors la promesse qu'il a faite à sa sœur, Clara, lors d'un rêve étrange. Poussé par cet engagement, il décide de tout plaquer. Sans projet ni point de chute, il part avec Aziliz et Noé direction la Bretagne, avec un seul rêve : trouver un lieu où ils pourront vivre en symbiose avec la nature. Pour Gabriel, c'est le début d'un cheminement personnel. Au contact de l'essence vibratoire de la forêt, il se reconnecte à sa propre nature et apprend à cultiver les bonheurs simples de la vie.


Mon avis : ♥♥♥




En voilà un livre doudou qui fait du bien. Un livre qui vous recentre, qui est dans la douceur, l'amour et la justesse.

J'ai adooooooooooooorééééééé ce roman feel good où les personnages y sont extrêmement attachants.

Gabriel, décide le jour de son anniversaire de couper son téléphone portable afin de ne pas être dérangé en cette journée qu'il a aucune envie de fêter. Et pourtant .... S'il l'avait laissé allumer, il aurait entendu les mots de sa sœur, Clara, de vive voix, pour la dernière fois. En effet, Clara décédera avec son mari dans un accident de voiture quelques heures plus tard. Seule rescapée : Aziliz, leur petite fille de 10 ans. Gabriel, étant le parrain, se retrouve donc avec un rôle de la plus haute importance ... Veiller sur sa filleule et l'éduquer comme le veut le rôle de parrain. Mais ce ne sera pas sa plus simple difficulté, il va également devoir tenir la promesse faite à sa sœur ainsi que celles qu'il s'est faite à lui-même, à savoir : être heureux. Alors comment faire pour être heureux quand on vient de perdre sa sœur, quand on a la charge d'un cousin brisé par la vie et puis maintenant celle d'une petite fille de dix ans sans compter un métier qui ne nous épanouit plus depuis longtemps ... ?

C'est ce que vous découvrirez à travers cette merveilleuse histoire qui se déroule au cœur de la Bretagne.


Cette lecture est vraiment différente de toutes celles que j'ai pu lire dans ce style-là. Il se passe vraiment quelque chose, le ressentit est réel et profond. Peut-être le fait que cela ce passe au cœur des forêts bretonnes et rend donc l'histoire quelque peu mystique et ressourçante. La plume de l'auteur est légère et nous pouvons vraiment ressentir à travers le personnage principal, Gabriel, que c'est l'auteur qui nous parle... Qui nous parle de ses pensées, de ses convictions, de ses croyances les plus profondes ou encore sa façon de vivre ...


Bref, j'ai dévoré ce livre et je remercie chaleureusement Babelio et les Editions Solar pour leur confiance. Célestin Robaglia a un réel potentiel et un très bel avenir d'auteur devant lui.


Ma note : 20/20


À lire, et relire, et re relire des centaines de fois ...



" - Bien sûr que je vais t'aider, mon garçon. Je dois cependant te prévenir : ma vérité n'est pas la tienne, et elle ne le sera jamais. Ton chemin n'est pas le mien, ni celui de quelqu'un d'autre. Ta vie est unique, et toi seul as le pouvoir de choisir comment être heureux et ce que tu feras pour y parvenir... La voix de ton cœur est la seule qui puisse te guider de manière infaillible. Malgré tout, il arrive des moments dans la vie où l'on se sent perdu face aux épreuves, trop déconnecté à soi-même pour entrevoir les solutions. On a tous besoin d'aide de temps à autre, c'est normal. L'entraide est la base du fonctionnement de la nature. Il faut seulement garder à l'esprit que ce que l'on cherche n'est pas la vérité absolue, mais le sentier qui mène à soi. Au grand soi. La voix intérieure doit toujours primer. "










lundi 23 juillet 2018

[ Chronique ] • L'antarctique, le rêve d'une vie • Mike Horn ♥♥♥



" La promesse que j'ai faite aux miens tient toujours. Si je me suis lancé dans ce défi insensé, ce n'est pas pour danser avec la mort. Ma seule motivation, c'est d'en sortir vivant."

Titre : L'antarctique, le rêve d'une vie
Auteur : Mike Horn
Éditeur : XO éditions
Nombre de pages : 279
Genre : Roman d'aventure, biographie


" Avec des si, on mettrait l'Antarctique en bouteille "


Résumé


Traverser l’Antarctique, c’était mon rêve d’enfant. J’ai décidé d’affronter cette immensité blanche en empruntant un itinéraire jamais exploré, le plus long que l’on puisse envisager : 5 100 km d’une trace presque rectiligne, avec, devant moi, la solitude, les champs de crevasses, les tempêtes de neige, les températures glaciales.
Cette traversée m’obligera, je le sais, à battre des records de vitesse pour ne pas être englouti par l’hiver. On me prédit l’enfer, une course contre la mort. Après trois semaines de bateau pour rejoindre le continent au milieu des icebergs, je plante fermement mes bâtons dans la glace, mes skis bien parallèles, un traîneau de 256 kg fixé aux épaules.
L’espace d’un instant, mon cœur se serre. Comme un début de vague à l’âme. Je repense alors à Cathy, ma femme, qui, avant de rejoindre les étoiles, m’avait soufflé?: «Vis pour moi, Mike, vis pour nous deux.» Je ne me retournerai plus. Je regarderai devant. Armé de mon seul ski-kite et de mes mollets, je suis loin d’imaginer l’épreuve qui m’attend.”
Mike Horn
Le 7 février 2017, à 22h50, Mike Horn, seul et sans assistance, achève sa traversée de l’Antarctique. 5 100 km en 57 jours dans des conditions extrêmes qui l’ont poussé au bout de sa résistance.
Un incroyable combat contre les éléments qui fait de cet aventurier de 51 ans le plus grand explorateur des temps modernes.





Mon avis : ♥♥♥


Waouh, quel récit. Il est là mon premier coup de cœur de l'année 2018 ( Il était temps !! )


J'ai une telle fascination pour cet homme et pour ce qu'il peut faire et accomplir que j'étais aux anges quand j'ai reçu ce livre des éditions XO pour une masse critique Babelio.

Mike Horn nous dépeint ici son dernier voyage, son rêve le plus fou, son rêve de gosse : traverser l'Antarctique seul, sans assistance, en un temps record. 

51 ans, 57 jours, 5 100 km à la seule force de son corps, avec des températures avoisinant les -50 °C ..

Baladeur mp3 dans les oreilles avec une playlist de plus de 10 h composée par sa femme, avec cette phrase de son épouse qui lui revient chaque jour qu'il passe sur le continent de Glace " Vis pour moi, Mike... Vis pour nous deux ... ". 

Mike a été dévasté par la mort de sa femme, quelques temps avant ce grand voyage, et ce rêve, c'était le leur. 

" Je lui soufflais des mots pleins de larmes retenues : "Je donnerais tout pour mourir à ta place ...". Je n'oublierai jamais ce qu'elle m'a répondu, l'ombre d'un sourire sur son visage aux traits creusés. " Ne soit pas stupide voyons, personne ne peut mourir à ma place ... Le plus beau cadeau que tu puisses me faire, c'est de continuer à vivre pour moi. Comme avant, comme toujours. Demain encore plus fort qu'hier. Vis pour moi, Mike ! Vis pour nous deux ... ". Une seule chose était sûre, au fond. Contrairement à toutes mes expéditions précédentes, Cathy ne m'attendrait pas, à l'arrivée, pour me serrer dans ses bras et briser ma solitude de rescapé. Pour la première fois, elle allait m'accompagner dans chacun de mes pas."

Il ne cesse tout au long de son aventure de penser à elle, qu'il aimait par-dessus tout et qui était vraiment un repère pour lui. Toute l'aide et l'amour qu'elle a pu lui apporter, cette façon à toujours l'encourager à partir, et à se surpasser toujours plus. "Où que je sois dans le monde, du pôle Nord au pôle Sud, je savais que je pouvais accrocher mon traîneau à son étoile". Maintenant, ce sont ses filles qui ont pris le relais, il forme avec elles "un attelage indestructible".

Jour après jour, il nous raconte sa traversée du pôle Sud, avec simplicité, humour, et c'est impossible de ne pas entendre sa voix résonner dans mes oreilles en lisant ceci. J'ai eu peur, j'ai pleuré, j'ai eu la boule au ventre, et j'ai rigolé, parce que oui, il faut dire qu'il a un sacré humour, et une façon très particulière de rendre une situation catastrophique en véritable gag.

Il a frôlé la mort plus d'une fois, et je ne cessais de me dire " t'inquiète pas, le livre fini bien, puisque tu l'as vu à la télé depuis, t'inquiète pas il en sort vivant ... " Il aurait pu y rester de nombreuses fois, et non, cet homme est vraiment une icône. " Je n'avais jamais vécu ça. Je ne savais pas que je pouvais planer avec les anges au-dessus du néant."


" A quoi ça sert de traverser l'Antarctique . À partager mon rêve. À ouvrir les yeux des gens sur le joyau le plus inaccessible de notre planète. À faire souffler le blizzard dans les têtes et à faire battre les cœurs pour la préservation de ce continent de diamant. Je me fiche de la gloriole, de l'argent, du "qu'en-dira-t-on". Même si je n'inspire qu'une poignée de gamins à travers le monde, je serais fier de moi "


Alors tu peux être fier Mike, car tu fais partit de ces Grands Hommes qui m'inspire et me font rêver. Merci !


Ma note : 20/20 ... COUP DE CŒUR



" Nous sommes le 7 février, 22H50, je suis Mike Horn et après 57 jours, seul et sans assistance, je viens de terminer ma traversée de l'Antarctique... [...] Je n'ai pas triomphé de l'Antarctique, c'est lui qui m'a laissé passer."














lundi 25 juin 2018

[ Chronique ] • Kilomètre zéro • Maud Ankaoua


Titre : Kilomètre zéro
Auteur : Maud Ankaoua
Éditeur : Eyrolles
Nombre de pages : 304
Genre : Contemporain, Développement personnel


Résumé

Et vous, jusqu'où irez-vous pour sauver une amie ? Maëlle, 35 ans, est directrice financière d'une start-up en pleine expansion. Ses passions: le travail, le luxe, et sa salle de sport. Une vie bien rodée jusqu'à ce que sa meilleure amie, atteinte d'un cancer, lui demande de récupérer une méthode ancestrale capable de la guérir. Commence alors un voyage inattendu au coeur des Annapurnas, guidé par un sage à la philosophie bouleversante. Un savant mélange de quintessence et de sagesse orientales appliqué au monde occidental. Pas après pas, l'auteure nous montre le chemin du courage, de l'équilibre et du bonheur profond. Diplômée de Sciences Po (IEP Paris) et d'un Master en finance internationale (Nottingham Polytechnic), Maud ANKAOUA est passionnée par les relations humaines. Elle participe dans le secteur des nouvelles technologies à la réussite d'un des plus grands succès européens de cette décennie. Elle signe un premier roman riche d'enseignements et rempli d'espoir. Il changera pour toujours notre compréhension des autres et nous rappelle l'essentiel de la vie.

Mon avis :


Et si l’ascension de l'Himalaya pouvait vous permettre de sauver une amie qui vous est chère, irez-vous la bas ?


Voici le dilemme auquel Maëlle, 35 ans, est confrontée. Véritable working girl, Maëlle ne jure que par son job, au point d'en délaisser amis, amour et famille. Jusqu'à ce qu'elle reçoive un message de sa plus vieille amie, Romane, qui souhaite la voir de toute urgence.

En effet, cette dernière lui fait part du cancer qui la ronge et lui explique qu'elle a besoin d'elle pour aller au Népal à sa place, puisque son état de santé ne le permet pas, récupérer un remède miracle, susceptible de la guérir. Il s'agit d'une méthode ancestrale népalaise qui permettrait par une prise de conscience et un changement d'état d'esprit d'accéder à la guérison. Cette méthode pourrait alors sauver de nombreuses personnes, sans aucune prise de médicaments. 


Si le roman s'avère être un roman plutôt feel-good, basé sur le développement personnel, la prise de conscience, la remise en question et le lâché prise, il devient vite à mon sens très lourd. Cela ne le rend pas moins inintéressant. Mais dirons nous qu'il perd un peu de sa légèreté. Toutes les pages contiennent des informations bonnes à prendre, que ce soit sur le plan de la physique quantique ou encore sur le plan de la psychologie, mais imaginez donc le nombre d'informations que peut contenir ce livre de 300 pages.... J'ai dévoré les 100 premières pages, puis petit à petit mon engouement est retombé. J'avais beaucoup de mal à suivre tout ce qui était dit et au final, au bout de 20 pages je ne me rappelai plus des derniers conseils prodigués.


J'étais quelque peu déçue, puis les 50 dernières pages, m'ont véritablement émue et bouleversée, et finalement, je décide de retenir la leçon et donc de ne retenir que le meilleur de cette lecture, car dans toutes lectures, il y a quelques choses de bon à prendre...

Je préfère juste garder en mémoire la sagesse de ce roman, ce qu'il m'a transmis et les émotions que j'ai pu ressentir. Oui, je n'ai pas été conquise à 200 %, mais à côté de ca, le peu qu'il m'aura apporté à une valeur inestimable.


J'ai voyagé au cœur de l'Himalaya avec les personnages pendant plusieurs jours, et je ressens cette pointe de tristesse de les laisser, ici, au cœur de ce roman, en fermant le livre.

Une chose est certaine, c'est un roman que je ferais suivre, et qui j'espère, pourra transmettre une petite part de sagesse à son prochain lecteur.



Ma note : 17/20


" Si la peur frappe à ta porte et que tu as le courage de l'ouvrir, tu t'apercevras que derrière il n'y a personne. "

jeudi 8 mars 2018

[ Chronique ] • Seuls les poissons morts suivent le courant • Alice Gautreau




Titre : Seuls les poissons morts suivent le courant
Auteur : Alice Gautreau
Edition : Pygmalion
Genre : Récit, Témoignage
Nombre de pages : 172

Résumé :

" Je ne suis ni diplomate, ni géopoliticienne. Je suis sage-femme.
Par-dessus tout, je suis indignée.
Indignée par la misère dans le monde, indignée qu’au XXIe siècle, tant de femmes meurent encore en couches, indignée que tant périssent en essayant d’atteindre une vie meilleure. "
Originaire d’un petit village des Pyrénées Orientales, Alice Gautreau travaille pour Médecins sans frontières. Après une première mission à l’est du Congo, elle a embarqué à bord de l’Aquarius, où MSF donne les premiers soins médicaux aux migrants rescapés par les sauveteurs de SOS Méditerranée.
Une expérience qui n’a rien fait pour atténuer son indignation. Accouchement en pleine mer, décès évitables, la tragédie du quotidien en Méditerranée Centrale était pire qu’elle se l’était imaginée. Pour combattre ce drame, une poignée de volontaires d’une humanité incroyable, petites gouttes d’eau dans un océan d’indifférence, tentent de faire des vagues pour réveiller l’opinion publique. Alice en est convaincue : à grands coups de solidarité, on peut changer le monde !


Mon avis :

Quoi de mieux qu'un 8 mars, journée de la femme pour rendre ma chronique sur ce merveilleux témoignage.

Tout d'abord, et comme à chaque fois, je souhaite remercier chaleureusement Babelio et les éditions Pygmalion pour cette Masse Critique.

Je ne m'attendais absolument pas à cette lecture quand j'ai choisi de chroniquer ce livre.

Il est rempli d'empathie, d'amour et d'humanité. Dieu merci, il reste encore des personnes ainsi sur notre planète.

Il s'agit donc du témoignage d'Alice Gautreau, Jeune femme sage-femme qui est partie sur l'Aquarius l'année dernière pour venir secourir les migrants en mer qui essaient de rejoindre l'Europe.

Sage-femme ou Sage-fille comme certains l’appelle puisque dans les pays africains, la sage-femme est mère de famille et bien en chair, ce qui est loin d'être le cas pour Alice. " "Sage-femme ? Mais tu n'es pas une grosse maman toi ! ""
Depuis son enfance Alice rêve d'accoucher les femmes et elle parvient à réaliser son rêve puis à partir au Congo avec Médecins sans frontières. Elle nous raconte alors l'horreur que vivent les femmes là-bas, les viols, le sexe sans consentement, les milices qui profitent de leurs pouvoirs pour abuser des femmes, le fait que l'avortement soit interdit ou encore qu'il faille l'autorisation du mari pour demander une ligature des trompes ou un implant contraceptif. Il est ignoble de savoir qu'en 2018 chaque femme dans le monde ne peut disposer de son propre corps comme elle l'entend. Ignoble de savoir que les hommes sont encore et toujours derrière tout ça alors qu'ils sont incapables pour la plupart de gérer leurs gosses et leur foyer. Ignoble de voir des femmes mourir, car elles ont recours à des avortements de bouchers pour ne pas avoir à subir l'enfant qu'elles n'ont pas désiré.

" La violence sexuelle commise par un mari est reconnue par la loi, mais n'est pas encore entrée dans les mœurs. Si un mari veut faire l'amour avec sa femme et qu'elle n'en a pas envie, beaucoup pensent : "Mais pourquoi elle ne veut pas ? C'est sa femme, non ? À quoi ça sert d’être mariés, sinon ?"

Lire ça m'a vraiment bouleversée, la condition de la femme est encore loin d'être au point !!


Alice nous parle également de la condition des migrants. Certains n'ont réellement pas le choix, les passeurs sont menaçants et violents, promettent des bateaux de conséquence et au final proposent des embarcations sur des pneumatiques qui ne tiennent absolument pas la route pour la durée du voyage ou encore le nombre de personnes qui montent à bord. Et si quelqu'un refuse de monter à bord, car ce n'était pas le deal, il sert alors d'exemple devant les autres et se retrouve avec les deux jambes cassées et laissé tel un sac-poubelle sur le bord de la plage, abandonné à sa propre mort.. "Obéir était plus sûr que de rester à terre. Il faut bien le comprendre : il n'y a pas de choix. Ces personnes en situation de faiblesse à ce moment de leur vie, deviennent tellement vulnérables qu'on leur fait croire n'importe quoi, et c'est ainsi qu'elles se retrouvent dans ce genre d'impasse."

Toutes ces femmes, qui se sont confiées et qui au final ont vécu les mêmes atrocités, viols collectifs, maltraitances, coups et blessures, qui arrivent tant bien que mal à s'échapper et pour qui la seule solution est de fuir .. Fuir pour au final n'être pas forcément mieux accueillis ailleurs. Toutes ces personnes qui ont fait confiance à Alice ainsi qu'à l'équipage de l'Aquarius .. " Comment faire confiance à une inconnue lorsqu'on n'a pas rencontré un humain digne de confiance depuis une éternité ?"

Alice nous dépeint aussi les moments de crise sur le "bateau" où certains/es s'en prennent à elle, en lui reprochant de les affamés, car ils n'ont le droit qu'à une barre de céréale hyper-protéiné par 24H (les "traitements de faveur" étant réservés aux plus faibles, sur le point d'abandonner la vie comme la vie les a lâchement abandonnés), alors qu'ils font leur maximum nuit et jour. Comme partout, il y a des gens bons et reconnaissants, et les autres ... "Les femmes du shelter se sont rendu compte que nous n'étions pas des machines, juste des humains. Nous ne sommes pas non plus des bons Samaritains qui allons tout faire. Nous sommes là pour les aider, mais nous ne sommes pas Dieu".

Alice nous raconte également le déroulement d'un débarquement et ceux qui ont lieu principalement en Italie à Pozzalo, et, où un médecin monte à bord du bateau en hurlant aux femmes lesquelles ont une infection gynécologique. Pour la discrétion et le respect du médecin, tu repasseras mec ! Et si les membres de l'équipage tentent de lui dire quoi que ce soit, il menace alors de mettre toutes les personnes du bateau en quarantaine, alors tout le monde acquiesce et attend que ça passe ... Honteux !

Bref, je terminerai cette chronique, avec le plus grand espoir, de voir dans les années qui me restent à vivre, un changement considérable de la considération de la femme, notamment dans ces pays-là ...



" Un proverbe dit : "Seuls les poissons morts suivent le courant." Moi, je ne suis pas un poisson mort." Comprendra qui pourra ...



20/20

lundi 5 mars 2018

[ Chronique ] • Il n'y a pas de hasard, que des rendez-vous • Rita Badraoui


" Un roman initiatique qui parlera à toute femme qui souhaite aller de l'avant et réaliser ses rêves "

Titre : Il n'y a pas de hasard, que des rendez-vous
Auteur : Rita Badraoui
Nombre de pages : 100
Edition : Autoédité
Genre : Développement personnel, Chick-list


Résumé :

À 33 ans, Nina ne se remet pas de sa rupture avec Paul. Alors qu'elle se voyait la bague au doigt prête pour fonder une famille, elle doit faire le deuil de sa relation et des enfants qu’elle imaginait déjà. Triste et en colère, elle ne rêve que d’une chose, partir loin de Montréal pour s'évader. Par chance, elle gagne un séjour dans une auberge, l’auberge De Vie. Alors qu’elle croyait y passer quelques jours de repos, Nina découvre un univers où elle fera des rencontres qui transformeront à jamais sa vision de la vie… Un roman qui combine légèreté et thèmes puissants de développement personnel. Un beau cadeau à s'offrir ou à offrir à un(e) ami(e) qui souhaite prendre sa vie en main et aller de l'avant!

Mon avis :

Il fait partit de ces livres, sur lesquels tu tombes, par hasard ... Ah non-pardon, il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous ... Signé Paul Eluard. Cette phrase qui rythme ma vie depuis près de 5 ans maintenant. Alors forcément, quand l'application Kindle d'Amazon m'a suggéré cette lecture, j'ai d'abord éclaté de rire, puis finalement, je me suis empressée de prendre ce livre au format numérique. Ce livre mêle citations, conseils, méditation, hypnose, magie, Lise Bourbeau et surtout, Nina Simone, forcément ... Ceux qui ont lu mes chroniques sur " En attendant Bojangles" d'Olivier Bourdeaut (ici & ici) savent à quel point je peux aimer Nina Simone. Puis notre héroïne s'appelle Nina, alors rien de bien étonnant au final. 

Nous avons donc Nina, jeune femme de 33 ans qui a beaucoup de mal à se remettre de sa récente séparation avec Paul, et qui ne se plaît plus tant que ça dans son travail. Elle gagne une semaine de vacances dans " l'Auberge de vie " en répondant à une simple question : qu'est-ce que le bonheur ?

Arrivera-t-elle à réellement répondre à cette question ? Arrivera-t-elle à changer sa vie et faire enfin ce qui lui plaît ? Arrivera-t-elle à sortir de cette coquille dans laquelle elle s'est renfermée ? Arrivera-t-elle à donner l'envie à chaque femme qui lira ce livre de bouleverser son quotidien pour vivre ses rêves et non pas rêver sa vie ?

Et si l'Auberge de Vie n'avait en fait jamais existée ?!

À découvrir ...

" Where attention goes, energy flows "
L'énergie va là où se dirige l'attention ...

19/20

vendredi 19 janvier 2018

[ Chronique ] • La vie intérieure • Christophe André


Titre : La vie intérieure
Auteur : Christophe André
Nombre de pages : 178
Edition : Gallimard, france culture
Genre : Développement personnel


Résumé :


La vie intérieure, c’est ce flot de pensées, de souvenirs, de projets, de ressentis émotionnels et corporels, qui se font et se défont en permanence au plus profond
de nous. Elle peut n’être qu’un lointain murmure, mais à qui sait l’écouter, elle est une source d’enseignements extraordinaire pour se connaître, se comprendre et mieux conduire son existence.
J’aimerais vous inviter à porter une attention tranquille et régulière à votre vie intérieure, à cette manière unique d’être ce que vous êtes et de traverser le monde.
Dans nos sociétés tournées vers le matérialisme et les apparences, ce détour est essentiel et fécond : pour notre équilibre émotionnel, notre créativité, notre empathie et notre liberté.
Issu d’une émission phare de France Culture, ce livre nous propose d’explorer le royaume de l’intime, à travers quarante leçons.


Mon avis :

Christophe André reprends dans ce recueil 40 thèmes, sentiments, émotions ou états qui sont liés à notre vie intérieure. 
- Comprendre la vie intérieure,
- L'introspection
- La musique
- Les regrets
- La légère ivresse
- La lecture
- La solitude
- La volonté
- La marche
- L'admiration
- La méditation
- La maladie
- Le plaisir
- La honte
- Le petit coin
- L'écriture
- La fragilité
- Le sentiment d'étrangeté
- L'envie
- La fraternité
- L'examen de conscience
- L'acceptation
- La fuite du temps
- Les ruminations
- Les visages du bonheur
- Le pardon
- La déception
- La compassion
- La jalousie
- Le succès et l'échec
- La prière
- La mort
- La concentration
- Le regard dans le miroir
- La tendresse
- Les résolutions
- L'infini
- Le sentiment d'impuissance
- L'inter-dépendance
- La nostalgie.

Des thèmes abordés de manière brèves mais très intéressants qui parlera a tout un chacun. Il est difficile d'écrire une chronique sur ce genre de lecture. Soit elle nous apporte quelque chose, soit elle ne nous apporte rien, mais cela appartient encore une fois à chacun de se faire sa propre opinion. J'ai beaucoup apprécié ces 40 chapitres, avec une citation s'y rapportant à chaque fois. Puis il y a un CD où Christophe André nous fait la lecture de son livre, et j'ai trouvé ça super agréable, le fait de se laisser bercer par sa voix et pouvoir me reposer en "lisant" ce livre. J'y ai appris plein de petites choses. Mon seul "regret ", c'est qu'il parle de 40 exercices à faire en fonction des 40 thèmes abordés et ce n'est, à mon sens, pas de vrais exercices .. Juste des prises de conscience que l'on choisit d'avoir ou non.

Ca reste tout de même un très bon recueil.


19/20

" Fou celui qui se croit à l'abri. Je ne cherche pas un abri. Ce ne serait qu'un endroit pour y mourir sans bruit. Je cherche ce qui arrive quand on est plus protégé et qu'on a plus peur de rien " Christian Bobin - La fragilité















vendredi 12 janvier 2018

[ Chronique ] • Le plus petit baiser jamais recensé • Mathias Malzieu


Titre : Le plus petit baiser jamais recensé
Auteur : Mathias Malzieu
Genre : Poésie, Contemporain
Nombre de pages : 154
Edition : J'ai lu

Résumé :

L'histoire d'amour entre une fille qui disparaît quand on l'embrasse et un inventeur dépressif. Alors qu'ils échangent le plus petit baiser jamais recensé, elle se volatilise. Aidé d'un détective à la retraite et d'un perroquet hors du commun, l'inventeur part à sa recherche.

Mon avis :

C'est l'histoire d'un inventeur en dépression, qui passe ses journées dans son "appartelier", à la recherche de la fille invisible. " Je suis un sous-doué du deuil. La peau à l'intérieur de mon cerveau est constellée de bleus qui ne s’effacent jamais. Je suis un homme-grenier. Je garde tout. Si on plantait une caméra au cœur de ma mémoire, on pourrait reconstituer ma vie, comme dans un studio de cinéma. De la joie sauvage à la colère noire en passant par la fréquence d'un battement de cils, tout est intact. "

Mathias Malzieu avec ses histoires rocambolesques a encore frappé. Il jongle entre poésie, amour et gourmandise.

" Depuis, mon passé décomposé était bloqué dans mon présent, et les fantômes prenaient plus de place dans mes draps et mes bras que les êtres vivants."

Un soir, notre protagoniste embrasse une femme et cette dernière disparaît. "Le plus petit baiser jamais recensé. Un millième de seconde, pulpe et duvet compris. À peine une effleure, un origami. Une esquisse de court-circuit. Un taux d'humidité incroyablement proche de zéro, quelque chose de l'ordre de la poussière d'ombre. Le plus petit baiser jamais recensé."

Il se met alors à la recherche de cette femme et demande alors l'aide de Louisa, sa pharmacienne, afin qu'elle lui donne l'adresse d'un détective. Notre inventeur va alors faire une étrange rencontre, celle de Gaspard Neige, détective, qui lui propose de lui prêter Elvis, son perroquet, afin de retrouver la fille qui disparaît quand on l'embrasse. Elvis est un animal très particulier, il est doté d'un "Wi-fille" et est capable de retrouver sa bien-aimée. 

Au fur et à mesure de ses recherches, notre inventeur décide de créer des chocolats au goût de leur baiser échangé. Puisque sa belle disparaît quand on l'embrasse, alors ils n'auront qu'à manger des chocolats au goût de leur baiser. Démarrera alors une belle histoire d'amour entre notre inventeur dépressif et sa femme invisible. Si seulement ...

Tout est tellement léger lorsque l'on se plonge dans les histoires de Mathias Malzieu, l'amour devient alors la plus belle et tendre des gourmandises, une ex-compagne devient la bombe d'amour ou encore son "ex-patisserie", les reproches se font à la "gendarmerie des sentiments". Le cœur brisé devient un "trou d'obus à la place du cœur". Notre héros coincé entre cette nouvelle histoire d'amour, ou cette ancienne qui l'a tellement fait souffrir, prendra-t-il la bonne décision ? 

C'est avec merveille que Mathias nous conte la banalité de nos vies amoureuses à tous. Qui n'est jamais passé par là ? Dans ce triangle amoureux, des ex et des nouveaux. Du choix à faire entre les chaussons confortables et les chaussures neuves avec lesquelles il faut ré-apprendre à marcher ... ?

"Et c'est Sobralia qui recevait des éclats d'obus. Elle aurait pu s'en faire des colliers. Comment pouvait-elle résister comme ça, à mains nues ? Je ne me voyais pas l'abandonner. Elle m'acceptait tel que j'étais. Elle m'avait pris avec mes carrioles emplies de démons plus angoissants les uns que les autres, les avait accrochées aux siennes et avançait. Je ne me voyais pas lui faire ce que j'avais souffert qu'on me fasse " ... Ah si seulement, les hommes pouvaient réfléchir à la manière de notre inventeur dont on ne connaît pas le nom .... " Son idée du "nous" allait peut-être mieux après ces quelques mois de stage de séparation, mais, pendant ce temps, la confiance que je pouvais lui accorder avait fondu. Le poids de son abandon me donnait le droit inconscient de me reconstruire ailleurs. Le réflexe de survie de l'animal blessé, en quelque sorte."

Du grand Malzieu une fois de plus, où l'art de nous faire rêver et voyager au travers de 150 pages. On en redemande une fois de plus ...


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