Autant ma précédente lecture a été un immense coup de cœur, autant celle-ci va clairement partir dans la catégorie des livres que j’aurai probablement oubliés d'ici quelques semaines. Je n’ai pas aimé Amitiés assassines. Et pourtant, je suis allée jusqu’au bout, principalement parce que je voulais savoir qui allait mourir et comment toute cette histoire allait se terminer. Mais en termes de plaisir de lecture, on repassera.
L’histoire nous emmène à Buckhead, un quartier particulièrement huppé d’Atlanta où l’on suit plusieurs femmes gravitant autour de Glow, un salon de beauté très select. Shannon vient d’être quittée par son mari Bryce, politicien, qui l’a remplacée par Crystal, beaucoup plus jeune qu’elle. Olivia, qui attendait visiblement son heure depuis longtemps, compte bien profiter de la chute de Shannon pour prendre sa place dans cette petite hiérarchie sociale, tandis que Jenny, propriétaire du salon, se retrouve au milieu de toutes ces femmes et connaît une bonne partie de leurs secrets. Dès le début, on sait que l’une d’entre elles va mourir. Reste à savoir laquelle, pourquoi et comment.
Sur le papier, franchement, ça pouvait fonctionner. Des femmes riches, des secrets, des trahisons, de l’adultère, des rivalités, un meurtre annoncé et tout un petit microcosme où chacune sourit à l’autre tout en étant prête à lui planter un couteau dans le dos… Il y avait largement de quoi faire quelque chose de mordant et de très divertissant. Sauf que sur moi, ça n’a absolument pas pris.
Déjà, je n’ai réussi à m’attacher à aucun personnage. Mais vraiment aucun. Je les ai quasiment tous trouvés détestables, superficiels ou tellement caricaturaux que je n’avais finalement aucune raison de me soucier de ce qui pouvait leur arriver. Et quand on construit tout un thriller autour des relations entre quelques personnages, ça devient quand même compliqué lorsque le lecteur n’en a strictement rien à faire d’eux.
J’ai également trouvé tout cet univers très « cucul la praline ». On passe énormément de temps avec ces petites bourgeoises de Buckhead dont les préoccupations tournent autour de leur statut social, de leurs maris, de leurs apparences, de leurs rivalités et de leur salon de beauté où elles viennent se faire pomponner tout en se racontant les derniers ragots. Je comprends parfaitement que ce côté excessif et superficiel soit volontaire et qu’il soit censé participer au ton du roman, mais chez moi, il a surtout fini par provoquer un immense désintérêt.
Pendant ma lecture, j’ai beaucoup pensé à Desperate Housewives. On retrouve cette volonté de montrer derrière les jolies maisons, l’argent et les apparences parfaites tout ce qu’il peut y avoir de secrets, de tromperies, de jalousies et de coups bas. Sauf que là où Desperate Housewives arrivait à rendre ses personnages profondément imparfaits mais terriblement attachants, à mélanger le drame, l’humour noir et le suspense, ici j’ai eu l’impression d’en lire une pâle copie, beaucoup moins subtile et surtout beaucoup moins efficace. Pour moi, c’était un peu Desperate Housewives, mais en trois fois plus loupé.
Même le mystère qui aurait dû me tenir réellement en haleine n’a pas réussi à compenser le reste. Oui, je voulais connaître l’identité de la victime et découvrir l’issue de l’histoire, et c’est d’ailleurs essentiellement pour cette raison que j’ai terminé le roman. Mais il y a une énorme différence entre continuer parce qu’on prend plaisir à lire et continuer simplement parce qu’on s’est déjà tapé une bonne partie du bouquin et qu’on veut au moins savoir comment ça finit. J’étais clairement dans la deuxième catégorie.
Quant à la fin, elle ne m’a pas réconciliée avec le reste. Je comprends l’idée, je vois ce que l’autrice a voulu construire et je comprends aussi pourquoi certaines personnes peuvent trouver cette lecture addictive et divertissante. Mais personnellement, je suis restée complètement à côté. Je n’ai pas été surprise au point de me dire que toutes ces pages en valaient la peine, je n’ai pas refermé le livre avec cette satisfaction que peut procurer un bon thriller, et surtout je n’ai ressenti absolument aucun attachement pour cette histoire.
Ce n’est donc pas une lecture que je garderai particulièrement en mémoire et encore moins un livre que je recommanderais spontanément. Il aura au moins réussi une chose : suffisamment éveiller ma curiosité pour que j’aille jusqu’à la dernière page. Et puisque je l’ai terminé, je vais quand même lui accorder deux étoiles.
Mais clairement, entre lui et moi, l’amitié n’aura pas seulement été assassine : elle n’aura jamais vraiment commencé.


☆☆☆
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